Addiction au porno : passer de la compulsion à la rémission (Épisode 2)

Le porno est devenu banal. Accessible. Illimité.

Et pour beaucoup d’hommes, ça commence comme un “truc” pour se détendre… puis ça devient une compulsion : un comportement qu’on répète même quand on sait qu’il nous coûte.

Dans cet épisode du podcast Le Guerrier Sensible, je ne parle pas de “guérison magique”. Je parle de rémission : un chemin réel où tu reprends progressivement la main. Pas parfait. Mais stable. Et surtout : choisi.

Le point clé de l’épisode

Le point clé aujourd’hui, c’est : tu ne sors pas du porno en serrant les dents — tu en sors en changeant la stratégie qui te pousse à y revenir.

La compulsion n’est pas juste un manque de volonté.

C’est souvent une réponse automatique à un état interne : tension, solitude, stress, ennui, vide, colère…

Le porno devient alors un bouton “pause”. Efficace sur le moment. Coûteux après.

Quand est-ce qu’on peut parler d’addiction au porno ?

Je ne te donne pas une étiquette. Je te donne des repères.

Tu es probablement dans une zone de dépendance si tu te reconnais dans plusieurs points :

  • tu te dis “dernière fois” et tu recommences ;
  • tu y passes plus de temps que prévu (parfois beaucoup plus) ;
  • tu caches, tu effaces l’historique, tu mens par omission ;
  • tu le fais surtout quand tu es fatigué, seul, stressé ou vidé ;
  • ça grignote ton sommeil, ton énergie, ton couple, ta concentration ;
  • tu ressens après coup de la honte, du vide, une perte d’estime.

Le critère important, ce n’est pas la morale.

C’est la perte de contrôle et les conséquences.

Ce que le porno “règle” (et ce qu’il évite)

Le porno n’est pas seulement un comportement sexuel.

Pour beaucoup d’hommes, c’est une stratégie de régulation :

  • calmer une tension,
  • fuir une émotion,
  • anesthésier un vide,
  • éviter un inconfort (peur, solitude, sentiment d’échec),
  • retrouver un contrôle immédiat.

Le problème, c’est que ton cerveau apprend une équation très simple :

tension → porno → soulagement.

Et plus tu répètes, plus ça devient automatique.

Mon terrain : l’engrenage, la chute, et la lucidité

Je parle depuis mon chemin. Pas depuis un piédestal.

J’ai connu ce moment où tu ne choisis plus vraiment. Où tu “vas” au porno parce que ton système nerveux le réclame. Et après… tu te sens vidé. Tu te promets d’arrêter. Et tu recommences.

Ce que j’ai compris (souvent dans la douleur), c’est qu’on ne sort pas de là en se haïssant.

On en sort en regardant le mécanisme en face, puis en construisant des barrières + des alternatives + du soutien.

5 leviers concrets pour avancer vers la rémission

1) Te l’avouer sans te juger

La sortie commence par une phrase simple :

“Je perds le contrôle.”

Pas pour t’étiqueter. Pour arrêter de négocier avec la réalité.

Exercice rapide : note sur 10 ton niveau de contrôle cette semaine.

Si tu es à 3/10… tu as déjà une information précieuse.

2) Mettre de la friction (bloqueurs + délai)

Le but d’un bloqueur n’est pas “d’empêcher à vie”.

Le but, c’est de créer un délai entre l’envie et l’acte.

  • bloqueur sur téléphone/ordinateur,
  • mot de passe donné à quelqu’un de fiable,
  • horaires/accès restreints,
  • suppression des accès rapides.

Plus tu ajoutes de friction, plus tu reprends de l’espace pour choisir.

3) Casser les routines (le vrai carburant de la compulsion)

La compulsion se nourrit d’un scénario répétitif : lieu, heure, position, isolement, écran.

Actions simples :

  • pas de téléphone au lit,
  • ordinateur dans un espace “visible”,
  • coucher plus tôt (la fatigue est un déclencheur massif),
  • changer les heures à risque (soirées seul, week-end, etc.).

Tu ne combats pas “toi”. Tu combats un automatisme.

4) Traverser la “vague” (sans te faire violence)

L’envie est souvent une vague : elle monte, elle pousse, puis elle redescend.

Objectif : tenir 10 minutes, pas “tenir pour toujours”.

Plan 10 minutes :

  • marche rapide sans écoute,
  • respiration lente (4–6),
  • douche froide/tiède-froide,
  • pompes/squats,
  • écrire 5 lignes : “Qu’est-ce que j’essaie de ne pas sentir ?”

Tu ne cherches pas à être invincible.

Tu apprends à traverser.

5) Ne pas rester seul (buddy, pro, cercle)

L’addiction prospère dans le secret.

Le levier le plus sous-estimé : un contact humain au moment critique.

Un buddy, un thérapeute, un cercle d’hommes, une personne sûre.

Phrase simple à envoyer :

“Là, j’ai envie de replonger. Je ne suis pas bien.”

Tu n’as pas besoin d’un discours.

Tu as besoin d’un pont.

Rechute : quoi en faire (sans te détruire)

La rechute n’est pas “la preuve que tu es foutu”.

C’est un signal : tu as identifié une faille dans ton plan.

Après une rechute, pose seulement ces 3 questions :

  1. Qu’est-ce que je ressentais juste avant ? (fatigue, stress, solitude…)
  2. Quel était le contexte ? (heure, lieu, écran, isolement)
  3. Quelle barrière je renforce maintenant ? (friction, routine, soutien)

La rémission, ce n’est pas “zéro chute”.

C’est plus de choix, plus tôt.

Conclusion

Si tu es dans le porno compulsif, tu n’es pas un monstre.

Tu es un homme qui a trouvé une stratégie efficace à court terme… et trop coûteuse à long terme.

Et tu peux reprendre ton axe.

Un pas à la fois. Sans posture. Sans haine de toi.


Avertissement : ce podcast est un outil de clarification et de responsabilisation. Il ne remplace pas un suivi médical/psychologique. Si souffrance intense, crise, idées noires ou danger : médecin/psychologue/addictologue ou urgences.

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