Pas celui qui explose. Pas celui qui domine.
Mais celui qui s’éteint.
Il tient. Il fait ce qu’il faut. Il encaisse. Il reste “correct”.
Et un jour, il finit par poser ce diagnostic sur lui-même : « je suis faible ».
Dans cet épisode, je propose une relecture qui change tout :
tu n’es pas forcément faible — tu es peut-être en train de t’éteindre.
Le point clé de l’épisode
Le point clé aujourd’hui, c’est : “se croire faible” est parfois juste le symptôme d’une extinction intérieure.
Ce que j’appelle “extinction”, ce n’est pas une grande idée abstraite. C’est très concret :
moins d’élan, moins de feu, moins de présence… et souvent une sensation de “fonctionner” plutôt que de vivre.
Le problème réel derrière “je suis faible”
Quand un homme dit “je suis faible”, il parle rarement de morale.
Souvent, il décrit :
- une fatigue de fond,
- une perte d’axe,
- un manque d’énergie,
- une impossibilité à sentir clairement ce qu’il veut,
- ou un besoin constant de se calmer, de se distraire, de se “couper”.
Et c’est là que le piège commence : tant que tu appelles ça “faiblesse”, tu vas chercher des solutions qui ne traitent pas la cause.
Mon terrain : faiblesse physique, hypersensibilité… et armure
Dans l’épisode, je raconte aussi mon propre terrain.
Il y a eu :
- une période de faiblesse physique réelle,
- et une hypersensibilité vécue comme un défaut : quelque chose de trop, quelque chose qu’il faudrait cacher, contrôler, corriger.
Et quand tu vis ça, il y a une tentation très simple : mettre une armure.
Tu apprends à serrer les dents.
Tu apprends à tenir.
Tu apprends à paraître solide.
Sauf que cette armure a un prix : elle te protège, mais elle te coupe.
La pensée binaire : “gentil ou dur”
Une des racines du problème, c’est la pensée binaire :
- soit je suis doux et je m’écrase,
- soit je suis dur et je deviens injuste.
Et si tu refuses la deuxième option (domination, agressivité, écrasement), tu peux glisser vers une caricature de la première :
la gentillesse qui devient peur du rejet, la paix qui devient évitement, le calme qui devient anesthésie.
Les boutons “pause” : soulager vite, s’éteindre lentement
Quand l’extinction intérieure s’installe, beaucoup d’hommes n’essayent pas de se détruire.
Ils essayent juste de ne plus sentir.
Et aujourd’hui, on a des boutons “pause” ultra accessibles :
- porno,
- jeux vidéo,
- scroll / réseaux,
- et tous les comportements qui donnent un soulagement immédiat.
Le problème, ce n’est pas le soulagement en soi.
Le problème, c’est quand ce soulagement devient la stratégie principale… et qu’il te laisse vide après.
La piste d’amélioration n°1 : arrêter d’appuyer sur pause (sans violence)
Le premier levier que je propose est simple et exigeant à la fois :
Tu n’as pas besoin de devenir plus dur.
Tu as besoin d’appuyer moins souvent sur pause.
Pas en mode punition. Pas en mode performance.
Mais en mode lucidité : quand j’appuie sur pause, qu’est-ce que j’essaie d’éviter de sentir ?
Action testable (24–48h)
Test “Bouton pause” :
- Identifie TON bouton principal (celui que tu utilises le plus pour t’anesthésier).
- Pendant 48h, réduis-le volontairement (pas “zéro”, juste moins).
- Quand l’envie monte, fais une alternative courte (2–5 minutes) :
- marcher sans écoute,
- respirer lentement,
- douche rapide,
- écrire 5 lignes : “Qu’est-ce que j’essaie de ne pas sentir là ?”
- Note ce que ça révèle (fatigue, colère, tristesse, vide, peur du rejet…).
Ce test ne “résout” pas tout.
Il te redonne un signal : ce que tu anesthésiais.
En bref
Tu n’es pas obligé de choisir entre :
- l’homme qui s’oublie,
- et l’homme qui écrase.
Il existe une troisième voie : celle d’un homme qui retrouve son axe, sans renier sa sensibilité.
Avertissement : ce podcast est un outil de clarification et de responsabilisation. Il ne remplace pas un suivi médical/psychologique. Si souffrance intense, crise, idées noires ou danger : médecin/psychologue/addictologue ou urgences.