Si tu es “le mec solide”. Celui qui gère. Celui qui encaisse. Celui qui contrôle. Celui qui tient debout pendant que tout le monde autour vacille… alors cet épisode peut te viser directement.
Parce que derrière ce rôle, il y a parfois un prix silencieux : tu tiens, oui. Mais tu ne sens plus grand-chose. Tu avances, oui. Mais en mode automatique. Et à force de “faire comme il faut”, tu finis par te couper de toi-même… et de ta vie.
Dans cet épisode, je parle d’un mécanisme que beaucoup d’hommes connaissent sans le nommer : l’armure. Une armure utile, au départ. Mais qui peut devenir une prison.
Le problème concret : quand “être fort” devient un masque
Le problème, ce n’est pas la force. Le problème, c’est le masque.
Ce masque, c’est quand tu fonctionnes comme si tu étais en contrôle permanent… même quand ton corps te dit l’inverse. Même quand tu es fatigué. Même quand tu es tendu. Même quand quelque chose en toi réclame juste de respirer.
Et ce masque a des effets très concrets :
- tu es présent physiquement, mais absent émotionnellement
- tu écoutes les autres, mais tu passes vite en mode solutions / conseils
- tu gères, tu anticipes, tu encaisses… mais tu ne sais plus vraiment ce que tu ressens
- tu peux tenir longtemps comme ça, jusqu’au moment où ça lâche : dans le corps, dans le couple, dans l’envie… ou dans des compensations
Ce que je veux faire ici, ce n’est pas te juger. C’est te montrer ce que tu risques de perdre quand l’armure reste trop épaisse trop longtemps.
Mon terrain : comment j’ai construit mon armure (sans m’en rendre compte)
Chez moi, l’armure s’est construite sur un terrain d’hypersensibilité, et aussi sur des manques affectifs. Je ne l’ai pas fait “par choix conscient”. Je l’ai fait parce que, à un moment, c’était ma meilleure solution.
Cette armure m’a servi à :
- encaisser
- ne pas trop ressentir
- ne pas trop dépendre
- rester “tenu”, stable, fonctionnel
Et ça a marché… jusqu’au moment où j’ai réalisé le coût : ma capacité à être vivant. Pas juste survivre, pas juste gérer, pas juste avancer. Vivre. Sentir. Aimer.
Parce qu’à force de porter l’armure, tu peux finir par confondre deux choses :
- aimer quelqu’un
- avoir besoin de quelqu’un pour aller bien
Et tant que tu portes l’armure, tu peux croire que tu aimes… alors que tu cherches surtout à combler un manque. C’est dur à entendre, mais c’est un point central : l’armure protège, mais elle fausse aussi le lien.
Le point clé de l’épisode
Le point clé aujourd’hui, c’est : ton armure te protège, mais elle te coupe de ta vie.
Elle te protège du rejet, de la douleur, de la peur d’être “trop”.
Mais elle te coupe :
- de tes émotions
- de ton corps
- de ta présence réelle
- de ton lien aux autres
- et, à terme, de ta capacité à aimer de façon claire (sans te perdre)
Et le piège, c’est que tu peux rester dans cette armure en croyant que c’est de la maturité, de la solidité, de la maîtrise… alors que c’est parfois juste une survie bien déguisée.
Ce que ça fait dans le corps (parce que l’armure vit là)
Dans l’épisode, je reviens volontairement au corps, parce que l’armure n’est pas qu’une idée : elle est physique.
Quand tu es en armure, tu peux reconnaître des signes simples :
- mâchoire serrée
- épaules hautes
- respiration haute (poitrine)
- ventre verrouillé
- sensation d’être “prêt au combat”… même s’il n’y a aucun combat réel
Tu peux être en mode action, mode tension, mode contrôle… et ne même plus t’en rendre compte, parce que c’est devenu ton état normal.
Pistes concrètes : desserrer l’armure sans l’arracher
Je le dis clairement : l’objectif n’est pas d’enlever l’armure d’un coup.
Parce que si tu l’enlèves brutalement, ton système peut interpréter ça comme un danger. L’idée, c’est d’apprendre à desserrer. À rendre l’armure plus fine. À redevenir en contact tout en restant stable.
Voici les repères concrets que je donne dans l’épisode (sans te vendre “une vie transformée en 10 minutes”) :
- revenir au corps, parce que l’armure y vit
- diminuer d’un cran plutôt que tout retirer
- respirer d’une façon simple et structurée
- réapprendre la présence dans la relation (sans passer direct en mode solutions)
- faire sortir la pression autrement que par des compensations
Et je veux insister sur un point relationnel : beaucoup d’hommes croient que leur rôle, c’est d’avoir des solutions. Mais souvent, l’autre n’a pas besoin d’un plan. Il a besoin que tu sois présent.
Être présent, c’est déjà une force. Et parfois, c’est même la plus grande.
Action testable (24–48h) : le rituel “scan armure” (30 secondes)
Je te propose une action unique, testable, sans performance.
Objectif : repérer ton armure 1 fois par jour (minimum) et la desserrer de 10%.
Le protocole (≈30 secondes)
- Stoppe-toi une seconde.
- Check 4 zones :
- mâchoire : serrée ou relâchée ?
- épaules : hautes ou basses ?
- respiration : poitrine ou ventre ?
- ventre : souple ou verrouillé ?
- Pose-toi LA question : “Sur 10, à combien est mon armure, là, maintenant ?”
- Puis fais une seule chose : descends d’un cran. Si tu es à 9, vise 8. Si tu es à 7, vise 6. Pas zéro. Un cran.
L’idée n’est pas d’être “zen”.
L’idée, c’est de te prouver une phrase simple : tu peux être solide sans être en guerre.
Fais-le aujourd’hui. Refais-le demain. Et observe ce que ça change : dans ton corps, dans ta voix, dans ta présence.
Conclusion
Si tu t’es reconnu, retiens ça : l’armure n’est pas “le mal”. Elle a été une solution. Mais si elle est devenue trop épaisse, elle te coûte trop cher.
Aujourd’hui, tu n’as pas besoin de te juger. Tu as besoin de redevenir en contact, progressivement, concrètement, sans t’effondrer.
Une phrase de synthèse : desserrer l’armure, ce n’est pas devenir fragile — c’est redevenir vivant.
Le problème, ce n’est pas la force. Le problème, c’est le masque.
Ce masque, c’est quand tu fonctionnes comme si tu étais en contrôle permanent… même quand ton corps te dit l’inverse. Même quand tu es fatigué. Même quand tu es tendu. Même quand quelque chose en toi réclame just
Avertissement : ce podcast est un outil de clarification et de responsabilisation. Il ne remplace pas un suivi médical/psychologique. Si souffrance intense, crise, idées noires ou danger : médecin/psychologue/addictologue ou urgences.